
Après la déroute de Strasbourg (5-1), on attendait une réaction. On l’a eue. Ce samedi soir à l’Abbé-Deschamps, sous les yeux de James Zhou présent en tribune, l’AJA a montré un tout autre visage face au Paris FC, l’une des meilleures équipes du championnat. Mais au bout du compte, le tableau d’affichage est cruel : défaite 0-1, et un deuxième revers consécutif qui commence à peser lourd.
Will Still avait réclamé de la fierté et de l’impact après Strasbourg, où ses joueurs avaient, de son propre aveu, livré leur plus mauvais match de la saison sur le plan athlétique. Le message semble être passé. Dans un 3-4-2-1 avec Axel Tuanzebe capitaine au cœur de la défense, les Auxerrois ont laissé le ballon aux Parisiens en début de match (à peine 23 % de possession après dix minutes), mais sans jamais rompre. Bien organisés, solidaires, appliqués dans les efforts, ils ont longtemps tenu tête à une équipe qui pointait au 4e rang au coup d’envoi. On était loin, très loin, des têtes basses de la Meinau.
Sinayoko, le coup de poignard d’un ancien
Et puis, il a fallu qu’un ancien vienne nous faire mal. Peu après l’heure de jeu (64e), une frappe de Pablo Pagis est déviée par Lassine Sinayoko, et le ballon termine au fond des filets de Paul Nardi. Le héros du maintien auxerrois, parti au Paris FC cet été, inscrit là son 9e but de la saison et confirme qu’il est l’un des attaquants les plus en forme de Ligue 1. Difficile de lui en vouloir, mais ça pique.
Will Still réagit aussitôt en lançant Clément Akpa et Lamine Sy, puis Kévin Danois et Rémy Labeau-Lascary, de retour dans le groupe. L’AJA pousse, la tension monte, et le banc auxerrois perd ses nerfs en fin de match : Will Still écope d’un carton jaune pour contestation (80e), avant qu’un de ses adjoints ne soit expulsé (87e). Mais malgré l’envie, les Auxerrois ne parviennent pas à arracher l’égalisation. Le Paris FC repart avec une courte mais précieuse victoire.
Alors oui, l’état d’esprit a changé, et c’est une bonne nouvelle. Mais une réaction d’orgueil ne rapporte pas de points. Avec ce revers, l’AJA n’a pris qu’un point sur les neuf derniers et reste bloquée à 10 points, à la 14e place, avec désormais 24 buts encaissés en 10 journées. Pendant ce temps, le Paris FC grimpe à la 2e place avec 20 points, soit le double des nôtres. L’attaque, elle, a manqué de tranchant : sans un Cameron Archer, décisif mais piégé par une VAR intransigeante, l’AJA n’a pas su faire plier une défense parisienne bien en place.
La bonne nouvelle, c’est qu’on a retrouvé une équipe qui se bat. La mauvaise, c’est que ça ne suffit pas. Pour sortir de cette spirale, il faudra conserver cette solidarité et y ajouter de la réussite devant le but. Ce visage-là, on veut le revoir à chaque match, avec des points au bout. Et ça commencera dans deux semaines à Monaco. Allez l’AJA !


